Faire de son mieux
quand on est maman, ou pas.
Entre mamans, on se le dit beaucoup : “On fait de notre mieux”.
Comme une conclusion après une énumération de galères et de prises de tête pour tenter d’équilibrer vie de famille, aspirations perso et bien-être de la progéniture.
Pour terminer sur un sourire fatigué.
Cette phrase, je la pensais bienveillante. Jusqu’à… hier.
Faire de son mieux, cela sous-entend que ça pourrait aussi être encore mieux…
Et que ce n’est peut-être pas assez, si on va par là ?
Est-ce que l’on ne se dit pas ça pour se rassurer, se serrer les coudes ?
Je me le dis autant à moi qu’aux autres, mais j’ignore si c’est le cas pour chacune.
Il faut reconnaitre qu’au moins, il n’y a pas de fausse modestie et de fausse gentillesse dans mon cas. C’est déjà ça.
Mais bon, on aurait aimé faire plus. Mais on n’a pas réussi, ce n’est pas grave.
On dit “j’ai fait de mon mieux”, quand on pense “désolé de ne pas avoir fait mieux”…
Ça sent un peu le moyen bof et l’échec quand même, non ?
Ne pas en faire assez ?
Alors certes l’échec est à dédramatiser et peut apporter de belles choses, mais…
Et l’estime de soi dans tout ça ? Est-ce qu’on ne pourrait pas être plus juste et plus gentille ?
Est-ce que ça veut dire que si on avait dormi et mangé mieux, mieux organisé son temps, mieux brieffé son conjoint ou reporté ces courses de milieu de semaine… on aurait pu faire mieux ?
Faire de son mieux, ça veut dire que le “mieux” du moment n’était pas parfait. Que le mieux du moment de Janine sera peut-être le moyen bof de Christine.
Que le mieux du jour n’est pas assez et que ce serait souhaitable qu’il soit mieux que mieux la prochaine fois.
Avec quelques “si”, on aurait pu faire bien mieux.
Et avec des mieux partout, on se met dans le crane que ce ne sera jamais aussi bien que ce que l’on voudrait viser.
Viser quoi ? Une certaine perfection maternelle, féminine, maritale, sociale, amicale…
Ou tout autre domaine de la vie dans lequel on met des objectifs, des goals, des normes et des attentes plus ou moins irréalistes.
Encourager sans culpabiliser
Je reviens sur ce sujet régulièrement, car je trouve qu’il y a toujours matière à avancer et à réfléchir.
Et je suis du genre à attacher de l’importance aux mots.
Comment peut-on encourager VRAIMENT les mères sans les culpabiliser ?
Encourager : donner du courage.
Oui, on en a souvent besoin. Pas parce que les enfants “c’est dur”, mais parce qu’être parent “c’est pas facile”. Et que la société ne nous aide pas trop.
Comment inciter au courage et à la “positive attitude” (t’as la ref ?) sans les pousser, insidieusement, à ne pas s’autoriser à dire : “hey ce que je fais est super”, et c’est tout ?
Comment arrêter de chercher à faire plus ? Comment arrêter de ne jamais se satisfaire de ce qu’on fait très bien ?
La réponse est complexe, imbriquée dans les constructions sociales, les attentes personnelles, les personnalités et les injonctions patriarcales…
On pourrait aussi se dire : On se fout la paix et on n’essaie plus de s’encourager !
Mais je crois que les encouragements, on les recherche, par moments.
À condition qu’ils soient énoncés dans le cadre d’une relation saine, et qu’on ait envie à l’instant T de les recevoir.
Je suis persuadé que les mots peuvent nous aider.
À dompter nos esprits, à créer une réalité différente, à projeter de nouveaux sentiments, à entretenir des émotions plus positives et constructives.
Et si on disait plutôt :
Faire ce qui compte
J’aurais aimé dire que cette formule pleine de sens était de moi, mais ce n’est pas le cas.
“J'ai fait _______ et j’ai fait ce qui compte”
Ça veut dire tellement plus !
Ça veut dire que j’ai fait un choix, que j’ai été actrice.
J’ai sciemment mis des choses de côté, car elles étaient secondaires. Des attentes, des activités, des tâches, des paroles, peu importe.
J’ai fait ce qui compte… le reste ne comptait pas.
Ce ne sont plus nos actions qui sont bien, ou pas assez. Qui sont mieux ou qui sont moins bien.
Ce sont les choses que l’on ne fait pas, qui ne comptaient pas assez pour que l’on s’en soucie.
Il y a un petit côté : la discussion s’arrête là, ma décision est irrévocable.
J’ai réfléchi, j’ai pesé, j’ai choisi et j’ai agi. J’ai mis un sens “empouvoirant” dans mon action et mon choix.
Il est bon pour moi et c’est tout ce qui compte.
Magique ? Magique, le pouvoir des mots.
Ce courrier fait sens pour toi ? Il te touche, te semble utile ? Fais-moi part de ton sentiment, de ton avis et partage à ton amie, elle aussi en proie au doute dans sa vie de femme et de maman…



